Samedi 30 septembre 2017 — Dernier ajout mardi 4 août 2020

Origine et Evolution de la Chevalerie d’Arc

La Chevalerie d’Arc, comment s’est elle constituée, comment a-t-elle évolué, qui a-t-elle côtoyé, quelles ont pu être les inter-actions entre différents groupements, qui a emprunté à qui, quelles peuvent être les valeurs ou les rites partagés ?
Essai par JL DUBREUCQ Compagnie de Coignières Sept 2015

Présentation :

Le lecteur remarquera que ces lignes sont plus une compilation d’articles glanés un peu partout qu’un travail de recherche personnelle, l’idée directrice étant d’essayer de dérouler le fil rouge qui relie toutes ces histoires.



Carte du voyage :

  • 1/4 Nous débuterons avec les Chevaliers médiévaux et l’Ordre de St Sébastien
  • 2/4 Ensuite nous irons chez les Francs Archers et approcherons le Compagnonnage
  • 3/4 Après un passage chez les Francs Maçons nous visiterons les premières Compagnies d’Archers et nous verrons la mise en place de la Chevalerie d’Arc.
  • 4/4 Nous terminerons brièvement par l’époque contemporaine

La synthèse en est un synoptique, pour le découvrir : cliquez ici





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Chevalerie d’Arc 1/4 :
Les Chevaliers médiévaux
L’Ordre de Saint Sébastien

- La saga débute à la fin du Moyen Age, nous serons peut être un peu prolixe sur cette période pour essayer de comprendre la naissance de certaines valeurs, de certains rites qui ont transpiré dans les développements à venir. A cette époque la société repose sur le trépied Royauté – Armée – Eglise. Le Roi de France, ne tient son pouvoir que de Dieu, il se déclare Roi de droit divin, il est au sommet de la hiérarchie, en-dessous le prince et l’évêque sont au même rang.

- Comment devient-on Chevalier ? l’apprentissage commence vers l’âge de dix ans quand le futur Chevalier quitte le château paternel pour se rendre chez un feudataire. Entre dix et treize ans il servira comme Page, de quatorze à dix neuf ans il sera Ecuyer, à vingt ans il est adoubé Chevalier. Pour entretenir son équipement et son armement un Chevalier doit disposer de l’équivalent des revenus agricoles de 150 hectares.

- Comment est-on consacré Chevalier ? le damoiseau sera convié à la très solennelle cérémonie de l’adoubement. On l’habille d’une tunique blanche, insigne de pureté ; d’une robe rouge, marque de ce qu’il est tenu de répandre son sang pour sa foi et son devoir ; d’un justaucorps noir, souvenir de la mort qui l’attend, comme tous les hommes. - Sur le soir, il entre dans la chapelle du château assisté de ses parrains c’est la veillée d’armes et passe la nuit en prières. Le lendemain matin, il assiste à la messe et reçoit le baudrier, les éperons d’or, le heaume et l’écu. Le jeune guerrier va ensuite s’agenouiller devant le Seigneur qui doit lui conférer son titre ; il lui récite quelque demande comme celle-ci :

« Si vous pri qu’en guerdon de mon service me doigniès armes et me faîtes Chevalier »

Le seigneur (ou l’évêque) lui demande :

"Pour quelle raisons désires-tu entrer dans la chevalerie ? Si tu recherches la richesse ou les honneurs, tu n’en es pas digne !"

Le jeune homme pose la main sur l’évangile et prête à haute voix le Serment des Chevaliers

  • 1/ Tu croiras à tous les enseignements de l’Eglise et tu observeras ses commandements.
  • 2/ Tu protégeras l’Eglise.
  • 3/ Tu défendras tous les faibles.
  • 4/ Tu aimeras le pays où tu es né.
  • 5/ Tu ne fuiras jamais devant l’ennemi.
  • 6/ Tu combattras les infidèles avec acharnement.
  • 7/ Tu rempliras tes devoirs féodaux, à condition qu’ils ne soient pas contraires à la loi divine.
  • 8/ Tu ne mentiras jamais et tu seras fidèle à ta parole.
  • 9/ Tu seras libéral et généreux.
  • 10/ Tu seras toujours le champion du droit et du bien contre l’injustice et le mal.

- La cérémonie se poursuit, le jeune homme s’agenouille, le Seigneur lui donne trois coups du plat de son épée et de la paume de sa main lui administre la collée, c’est à dire une tape sur la nuque en disant :

"Au nom de Dieu, de Saint Michel et de Saint Georges, je te fais Chevalier, Sois vaillant, loyal et généreux."

- A noter qu’au cas où l’impétrant sursaute à la collée, il peut être déclaré inapte à devenir Chevalier. Ensuite et durant sa vie entière, si un Chevalier manque à son serment, il est proclamé indigne d’être Chevalier. On le conduit sur une estrade, son épée est brisée et piétinée, son blason est attaché à un cheval et traîné dans la boue, il est mort comme Chevalier et banni toute sa vie.

- Quelle a été la sphère d’influence de la Chevalerie ? Celle ci s’est épanouie dans toute l’Europe Occidentale au cours du XIIIe siècle. C’est l’époque où l’image du Chevalier se développe beaucoup grâce aux nombreux écrivains et poètes qui glorifient les valeurs chevaleresques dans leurs textes. Ainsi se dégagent des figures emblématiques telles que Roland pour la légende et Godefroy de Bouillon ou Du Guesclin pour l’Histoire. Ces Chevaliers incarnent des valeurs communes, des comportements et des mentalités caractéristiques de la Chevalerie médiévale :

  • la valeur guerrière,
  • l’audace,
  • la soif de gloire,
  • le souci de la réputation,
  • le sens de l’honneur,
  • le respect des promesses et de l’engagement personnel,
  • la largesse,
  • la prouesse,
  • la courtoisie.

-En guise de conclusion pour caractériser cette période nous retiendrons ce que dans son ouvrage « La Chevalerie » Léon Gauthier a retenu comme étant les vertus d’un Chevalier :

Courage - Loyauté – Largesse – Modération – Courtoisie – Honneur


- Mais les temps changent, en ce Moyen Âge finissant les adoubements se font moins nombreux :

  • d’une part la cavalerie perd sa primauté sur les champs de bataille à cause de l’utilisation de nouvelles tactiques de formations compactes de piquiers et de la mise au point de nouveaux armements, les fameux arcs longs. Les batailles de Courtrai et de Crécy furent révélatrices de la vulnérabilité de la cavalerie lourde utilisée isolément.
  • d’autre part la diffusion des armes à feu sur les champs de bataille dès la seconde moitié du XVe siècle porta un coup fatal à la cavalerie lourde et du coup à la Chevalerie en tant que force militaire.

    -Par ailleurs, moyennant finances le titre de Chevalier pouvait être acquis par des bourgeois de villes devenues prospères. Ainsi banalisé ce titre s’est trouvé réduit à un terme honorifique, vidant ainsi la Chevalerie médiévale de toute substance et précipitant sa disparition définitive.

Ainsi malgré quelques cousinages Chevalier médiéval et Chevalier d’Arc ne sont pas directement à comparer.


- Pour clore cette période, il faut évoquer ce qui est à considérer comme la création d’une Chevalerie d’Arc quand en 825 l’évêque de Soissons recrute une garde armée déclarée en Confrérie de St Sébastien (plus tard dénommée Ordre de St Sébastien) pour aller chercher à Rome les reliques de St Sébastien. (Renvoi)



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Chevalerie d’Arc 2/4 :
Les Francs Archers
Le Compagnonnage

  • Nous vous proposons un petit détour par cet arc dénommé "long bow" c’est à dire l’arc long anglais que nous venons de citer. L’arc long aurait été connu en Écosse dès la préhistoire. Il est fabriqué à partir de bois d’if, pourquoi ce bois est il exceptionnel ? La structure de n’importe quel arc fait que le dos de l’arc travaille en extension alors que le ventre travaille en compression. Tous les bois travaillent assez bien en extension mais plutôt mal en compression, tous sauf l’if. L’arc mesure entre 1,70 m et 2,10 m, de section circulaire au niveau de la poignée et en forme de D aux extrémités, cette longueur permet de limiter les contraintes et de conférer une grande puissance.
  • Le "long bow" courant pour être bandé nécessite une force de 120 à 130 livres. Le "war bow" utilisé en tir balistique est encore plus puissant jusqu’à 180 livres. La portée est de 160 à 230m environ, à cette distance une flèche ne perce pas une armure, toutefois à moins de 60m une flèche entre de plusieurs cm dans un corps et peut percer une armure si l’impact est bien perpendiculaire, sinon elle ricoche. Les pointes perforantes comportaient une gorge, en cas de perforation d’une armure, la tôle déchiquetée faisant effet ressort se prenait dans cette gorge si bien qu’il était impossible d’ôter la flèche sans quitter l’armure. Un archer anglais pouvait tirer 10 à 16 flèches à la minute. A Azincourt les anglais disposaient de 7.000 archers !!! Les arbalétriers français ne tiraient que 4 traits à la minute…. Pour augmenter leur capacité de perforation, les flèches employées avec le "long bow" sont lourdes, entre 60 et 80 g, elles sont taillées dans du peuplier ou du frêne, l’empennage est en plume d’oie et mesure entre 17 et 25 cm, selon que l’on souhaite privilégier la précision ou la portée. La vitesse initiale des flèches est d’environ 55 m/s soit 200 km/h et chute à 36 m/s soit 130 km/h à 200 m. La corde est en chanvre ciré pour la protéger de la pluie.
  • Mais revenons à notre récit, nous avons vu la naissance du "long bow" en Ecosse et ce n’est pas par hasard que Charles VII en 1422 a crée un corps militaire d’élite pour constituer sa garde personnelle en faisant venir d’Ecosse des archers qui constitueront la garde écossaise . Elle fut peu à peu intégrée aux troupes de la maison militaire du roi. - L’origine de la garde écossaise remonte à l’an 882, quand un contingent de nobles écossais vint en France pour former la garde du roi Charles III. Ses membres, au nombre d’une centaine, formaient la garde rapprochée du roi pour laquelle ils recevaient un large salaire. Cette garde était également employée comme unité combattante. Ce souverain créa deux autres compagnies d’archers du corps, mais composées de Français. En 1515 François Ier ajouta une quatrième compagnie. - Pour rappeler cette origine, la compagnie écossaise fut souvent commandée par des membres de la famille royale d’Écosse, notamment au XVIIe siècle. Autre rappel des origines : la réponse du guet était le terme "hamir" correspondant au moyen-écossais hhay ham ier ("je suis ici").
  • Maintenant nous savons que les batailles de Crécy et d’Azincourt avaient montré l’insuffisance de l’archerie française face aux arcs longs anglais, encore et toujours ces satanés long bows !! Alors le roi Charles VII promulgue la petite ordonnance de 1448 : chaque paroisse ou groupe de cinquante ou quatre-vingts feux doit pouvoir fournir un homme équipé (arc ou arbalète, épée, dague, jaque et salade) qui doit s’entraîner chaque dimanche au tir à l’arc. La taille personnelle étant justifiée par la non-participation des roturiers à l’activité militaire, ces archers occasionnels en sont dispensés, ainsi que de toutes charges, d’où leur nom de francs-archers. A noter que la taille est un impôt direct décidé arbitrairement par le seigneur envers les serfs. Les francs-archers étaient facilement et rapidement mobilisables et en principe, régulièrement entraînés et bien équipés. À partir de 1451, les francs archers sont encadrés par des capitaines permanents qui ont pour mission de les passer en revue deux ou trois fois par an en temps de paix et de les mener au combat en temps de guerre.

Milice de roturiers, l’institution des francs-archers fut abolie par Louis XI en 1481 mais rétablie sous Charles VIII et subsiste sous Louis XII. Cependant, les armes à feu s’améliorant les francs-archers sont définitivement supprimés sous Francois 1er.

  • Comment ces francs archers se sont ils structurés ? Leur fonctionnement s’est inspiré du compagnonnage . Comment est né le compagnonnage ? Fixer une date précise nécessiterait de lui donner une définition précise qu’il n’a jamais eue, et les archives des compagnonnages ne remontent guère avant le XVIIIe siècle. Il y eut probablement des organisations d’ouvriers et d’artisans dès les origines de ces métiers. L’étude comparée des religions et des traditions des différents pays du monde semblent montrer que ces artisans se sont transmis des connaissances plus ou moins secrètes, de génération en génération, depuis la plus haute antiquité. On en trouve des traces dans l’Égypte antique et dans l’antiquité romaine. Le compagnonnage existait déjà lors de l’âge d’or des cathédrales, des signes particuliers aux compagnons y sont reconnaissables, ces compagnons voyageaient dans tous les pays d’Europe et principalement en France.
  • En France, l’organisation des métiers sous l’Ancien Régime est construite autour des corporations et de trois états : apprenti, compagnon et maître. Pour les compagnons, il était extrêmement difficile, à moins d’être fils ou gendre de maître, d’accéder à la maîtrise. De plus, le « livre des métiers », rédigé en 1268 à la demande de Louis IX, interdisait à tout ouvrier de quitter son maître sans son accord. C’est par réaction à ces mesures que seraient nées les premières sociétés de compagnons indépendantes des corporations. Elles ne prirent le nom de « compagnonnages » qu’au XIXe siècle et se nommaient jusque là des « devoirs ». La première mention indiscutable des pratiques compagnonniques remonte à l’année 1420, lorsque le roi Charles VI rédige une ordonnance pour les cordonniers de Troyes dans laquelle il est dit que :

« Plusieurs compaignons et ouvriers du dit mestier, de plusieurs langues et nations, alloient et venoient de ville en ville ouvrer pour apprendre, congnoistre, veoir et savoir les uns des autres »

  • Au XVIe siècle, les condamnations royales à l’encontre des devoirs se multiplient, sans parvenir à les faire disparaître. En 1539, par l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, François 1er reprend les interdictions de plusieurs de ses prédécesseurs :

« Suivant nos anciennes ordonnances et arrêts de nos cours souverains, seront abattues, interdites et défendues toutes confréries de gens de métier et artisans par tout le royaume. […] défense à tous compagnons et ouvriers de s’assembler en corps sous prétexte de confréries ou autrement, de cabaler entre eux pour se placer les uns les autres chez les maistres ou pour en sortir, ni d’empêcher de quelque manière que ce soit lesdits maistres de choisir eux-mêmes leurs ouvriers soit français soit étrangers »

En savoir plus :

http://compagnonnage.info/blog/blogs/blog1.php/2010/11/14/compagnonsboulangersdudevoir
http://www.compagnonnage.fr




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Chevalerie d’Arc 3/4 :
La Franc Maçonnerie
Les Compagnies d’Archers
Création de la Chevalerie d’Arc

  • Nous poursuivons notre récit en retournant en Ecosse où vient de naître vers 1430 une nouvelle forme de « compagnonnage » : la Franc Maçonnerie. Comment peut on la définir ?

L’institution maçonnique doit son existence à une confrérie de maçons constructeurs qui voyageaient en Europe dès le 8e siècle. Ils se partageaient des secrets liés à leurs métiers. Elle se décrit comme un Ordre initiatique qui prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l’aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l’Humanité. La bienfaisance est l’un de ses moyens d’action. Sa vocation se veut universelle. On ne retrouve la première trace du mot "franc-maçon" qu’en 1376, sous la forme anglaise "freemason". Il faut voir dans le "freemason" un homme libre, le préfixe "free" semble l’attester, ou un ouvrier hors du commun qui travaille la pierre tendre (freestone), bénéficiant de franchises accordées par l’église ou par les souverains, libre des obligations d’une corporation ou libre de naissance. C’est encore en Grande Bretagne et surtout en Écosse, que l’on trouve au début du 17e siècle, les premières traces de la Franc-maçonnerie moderne dite aussi symbolique qui est la transition entre une maçonnerie de métier dite opérative à une maçonnerie de pensée dite spéculative. La franc maçonnerie se développe en France vers 1723 et emprunte beaucoup de rites aux Compagnies d’Archers. De nombreux Chevaliers de compagnies d’arc se faisaient recevoir francs-maçons, et réciproquement.

- Faisons un retour en arrière pour retrouver ces milliers d’archers issus des Francs Archers démobilisés de l’armée mais restants archers dans l’âme : Ils se sont regroupés en Compagnies d’Arc pour continuer à se mesurer dans des tournois pacifiques. Il fallait bien trouver un cadre organisationnel et ils organisent leurs propres tournois s’attribuent leurs propres titres honorifiques et créent un jeu et un terrain que l’on nomme beursault, nom venant probablement des cibles en osier tressé en forme de berceau. Ces Compagnies sont influencées par :

  • la rigueur et la discipline de type militaire,
  • des valeurs morales issues de la Chevalerie médiévale
  • des valeurs spirituelles de l’Église
  • l’esprit du compagnonnage



- Ainsi aboutit-on à la création de la Chevalerie d’Arc. Le premier texte structuré est " Statuts et Règlements Généraux" publié en 1733 par Monseigneur Henry-Charles Arnault de Pomponne Conseiller d’État Ordinaire, Chancelier des Ordres du Roi, "Abbé de l’Abbaye royale de St Médart les Soissons pour toutes les Compagnies du Noble Jeu d’Arc et Confréries de St Sébastien dans le Royaume de France". La Révolution française ; n’ayant pas confiance dans ces pseudo milices peut être un peu royalistes, probablement un peu cléricales, et qui plus est pas franchement républicaines ; dissoudra les compagnies d’arc par décret de l’assemblée nationale en 1789. Dès lors, la grande majorité des archers sont incorporés à la garde nationale.

  • Après la Révolution, la Chevalerie d’Arc reforme des compagnies mais sans statuts militaires. Dès 1797 la compagnie de Fontainebleau reprend corps. À partir de cette date, le tir à l’arc devient un jeu, la proximité du Compagnonnage et de la Franc Maçonnerie disparaît. La compagnie impériale de Paris publia en 1863 de nouveaux statuts, qui tout en respectant les principes fondamentaux des anciens règlements, apportaient des modifications jugées nécessaires aux besoins de l’époque et principalement en écartant les références religieuses.

Les Compagnies d’arc s’étaient constituées autour des éléments sociétaux forts Eglise / Armée en y incorporant des valeurs issues de la chevalerie médiévale, c’est pourquoi on continue à employer les termes de Capitaine, Lieutenant, Compagnie etc, et que la devise des Chevaliers d’Arc est « Honneur et Courtoisie » Remarquons que jusqu’à la laïcisation en 1928 n’ étaient acceptés en Compagnie que des Français catholiques ce qui excluait entre autres les protestants, les athées et les travailleurs étrangers.
Auparavant tout était prétexte à signification religieuse, exemple pour le tir à l’oiseau : «  l’oiseau reste l’emblème sacré que la flèche va chercher dans le ciel et qui, lorsqu’il tombe, confère tel le Saint Esprit souveraineté indiscutée à l’adroit vainqueur » ou : « L’arc c’est Dieu le Père. La flèche c’est Dieu le Fils et la corde dans laquelle cette flèche est encochée, c’est le Saint-Esprit » renvoi

Actuellement, pour son caractère solennel, la cérémonie d’adoubement des Chevaliers et la remise des dagues aux Archers s’effectuent dans une église, mais nul n’y est contraint et chacun peut demander à ce que la cérémonie se déroule par exemple dans un jardin d’arc.

En savoir plus : http://www.academia.edu/947259/Franc-maconnerie_et_sport._Une_approche_historique https://www.fm-fr.org/




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Chevalerie d’Arc 4/4 :
La période moderne

- En 1899 pour donner une organisation solide aux Compagnies d’arc, les Familles de l’Ile de France et quelques Compagnies de l’Oise, fondèrent la FEDERATION DES COMPAGNIES DE L’ILE DE FRANCE. Cette fédération prit un caractère national en 1911 en s’appelant : FÉDÉRATION DES COMPAGNIES D’ARC DE FRANCE. En 1928 elle changea son nom en FÉDÉRATION FRANCAISE DE TIR A L’ARC (FFTA)

  • Par suite de la progression constante du nombre de licenciés, de l’évolution et de la transformation du tir à l’arc, la FFTA connut elle-même d’importants changements. L’esprit de la Chevalerie y perdit de son influence, toutefois son action reste vivace dans nos associations. Les traditions de la Chevalerie léguées par nos anciens sont ainsi maintenues.

L’organisation du tir à l’arc en France a pour base les compagnies d’arc et les clubs, qui sont régulièrement constitués et déclarés conformément à la loi de 1901. Ces structures sont intégrées dans les Comités Départementaux, lesquels sont rattachés à des Comités Régionaux, qui ensemble constituent la Fédération Française de Tir à l’Arc.

Après 1975 la FFTA ne diffuse plus les règles de la Chevalerie et les Compagnies traditionnelles se font un devoir de maintenir les coutumes transmises par les anciens. Ces Compagnies se sont rassemblés en Familles, ces Familles forment des Rondes. Ces structures permettent de maintenir la tradition et d’harmoniser la Chevalerie d’arc.

De nos jours on peut distinguer les Compagnies des Clubs sportifs. Une Compagnie s’efforce de perpétuer et de respecter les traditions, un Club s’adonne à son sport et s’oriente vers la compétition. La Compagnie de Coignières s’efforce de respecter la tradition, chacun de ses membres est libre de plus ou moins s’y impliquer et d’y trouver ce qu’il est venu chercher, soit la simple activité loisir/détente soit une pratique de compétition.

  • Notre récit se poursuit en retournant en Ecosse pour y découvrir en 1760 la création du golf. La particularité du jeu de golf face à ses précurseurs est l’utilisation d’un trou. En effet, tous les autres jeux similaires consistent à toucher une cible, un arbre, un poteau, une porte et non pas de faire pénétrer la balle dans un trou. Le premier club est officiellement créé en 1764 : the "Honorable Company of Edinburgh Golfers". Pourquoi parler du golf dans une rubrique de tir à l’arc ?, c’est pour faire une liaison avec ce que nous avons vu précédemment à savoir que les premiers clubs de golf et les loges maçonniques vivent en étroite communion.

A l’origine, les membres se réunissent surtout pour festoyer. Ils introduisent dans les « club-houses » le lustre et l’apparat qui leur sont chers. Les banquets procèdent alors d’un véritable cérémonial. On dîne en uniforme adéquat, vestes rouges, knickers noirs, chaussures vernis à boucles et bas blancs. Le nouveaux membres sont élus selon une procédure typiquement maçonnique : dans une boîte close, chacun des participants glisse à son gré une boule blanche ou noire. Il suffit d’une seule boule noire pour que le candidat soit refusé (blackboulé). Les élus sont ensuite soumis à une épreuve.

Cette anecdote n’aurait pas trop d’intérêt si la boucle ne se bouclait pas avec, toujours en Ecosse, la création du golf archerie. Le golf archerie est un sport qui permet à un golfeur et un archer de jouer sur le même parcours. Selon les versions, c’est l’archer qui commence par tirer une flèche, ou bien chacun tire à son tour. On se rend au point de chute et le golfeur et l’archer visent le green. Sur le green, au-dessus du drapeau, on aura mis une cible. Chaque joueur alterne alors pour mettre la balle dans le trou ou bien pour atteindre la cible. On compte les points comme au golf en fonction du par. L’archer ne peut pas tenter la cible finale tant que sa flèche n’a pas touché le green.

En savoir plus :

http://espritbleu.franceolympique.com/espritbleu/actusport.php?NSport=26-
http://www.golfeur.qc.ca/histo/gh_01_ecosse.htm



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Nous sommes arrivés à la fin de ce voyage autour de la Chevalerie d’Arc. Nous avons côtoyé des groupements de personnes vraiment inattendus, nous sommes partis pour l’Ecosse une destination improbable.

La Chevalerie d’arc est l’un des groupements des plus anciens et reste toujours vivace, c’est à nous de faire vivre et de transmettre ces traditions et ces valeurs .



Et comme l’a écrit Paul Valéry :

La véritable tradition dans les grandes choses

N’est pas de refaire ce que les autres ont fait

Mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses

Et qui en ferait de tout autre en d’autres temps

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Tir à l'arc feminin Jeux Olympiques Londres 1909
Tir à l’arc feminin Jeux Olympiques Londres 1909






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